Nantes met en lumière les vulnérables de la nuit

Initiatives & solidarité. Durant un an, la ville de Nantes a consulté les travailleuses du sexe et les SDF pour savoir comment les aider. Florence Pagneux (à Nantes, Loire-Atlantique), le 21/06/2019 à 11:06   Elles se prénomment Loveth, Success, Pamela ou Bella. Âgées de 19 à 29 ans et originaires du Nigeria, elles ont en commun de se prostituer,... Lire la Suite →

La rétention des migrants s’est durcie

La Croix le 5/6/2019 Les faits  Favorisée par le gouvernement, la rétention des migrants en situation irrégulière se stabilise à un haut niveau, entraînant une détérioration des droits, sans que cela ne favorise les expulsions, selon un rapport associatif. La rétention permet-elle vraiment d’expulser plus de migrants en situation irrégulière ? Convaincu par cette hypothèse, le... Lire la Suite →

À Saint-Brevin, un élan solidaire intact dans un contexte incertain. La cité balnéaire, qui avait accueilli 47 migrants dans un centre de vacances après le démantèlement de la jungle de Calais, héberge cette année une centaine de migrants. Les bénévoles sont toujours aussi nombreux au rendez-vous, même si l’ambiance est moins légère. • Florence Pagneux, correspondante, à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique), • le 22/05/2019 à 18:11 L’Océane, Le Zéphir, Les Écureuils… Non loin des grandes plages de sable, les noms des maisons de Saint-Brevin-les-Pins sonnent comme une invitation à la détente. C’est dans ce décor qu’une centaine de migrants sont hébergés depuis octobre dernier, dans un ancien centre de vacances d’EDF. Tous sont arrivés à l’initiative de la mairie de Nantes, après l’évacuation du square Daviais, ce campement de tentes en plein centre-ville devenu insalubre. Depuis le 1er avril, le site s’est mué en hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile (Huda), géré par l’État. Objectif : accompagner ces 90 hommes âgés de 20 à 30 ans, pour les rediriger vers d’autres lieux d’accueil et faciliter leur insertion, à condition que leur situation administrative le permette. Originaires du Soudan, d’Érythrée ou de Guinée, une bonne partie d’entre eux sont en effet des « dublinés » qui peuvent à tout moment être contraints de rejoindre le pays de leur première demande d’asile. Les autres sont d’anciens « dublinés » et une minorité a déjà obtenu le statut de réfugié. Plus d’une centaine de bénévoles Après un parcours migratoire souvent chaotique, tous reprennent des forces en bénéficiant d’un remarquable élan bénévole. « Je ne m’attendais pas à trouver autant de bonnes volontés sur place, confie Adel Fernane, chef de service de l’association Aurore, gestionnaire du centre. Cela déconstruit complètement les préjugés sur l’accueil des migrants. Cet humanisme nous porte. » Plus d’une centaine de personnes se relaient sur place pour proposer des cours de français, de dessin, des entraînements de foot ou des sorties dans les environs. « La mobilisation n’est pas retombée et aucune réaction négative n’est à déplorer à l’égard des migrants », constate Marc Tregouët, diacre permanent et membre ducollectif des Brévinois attentifs et solidaires (CBAS). Cette association s’était formée en octobre 2016, peu avant l’arrivée de 47 migrants à Saint-Brevin dans le cadre du démantèlement de la « jungle » de Calais. Elle était née en réaction au Collectif des Brévinois opposés à l’implantation des migrants, toujours actif sur Facebook. À cette époque, une manifestation hostile à l’arrivée des migrants avait réuni 150 personnes dans le centre-ville (autant dans le camp d’en face). La tension était ensuite montée d’un cran après des tirs au fusil contre le bâtiment destiné à les accueillir. Mais une fois les migrants arrivés, de nombreux bénévoles s’étaient spontanément adressés à l’association gestionnaire du centre d’accueil et d’orientation (CAO). Plus de 200 personnes s’étaient mobilisées pour donner des cours de français ou organiser des sorties sur la côte pour ces hommes venus du Soudan, d’Érythrée, d’Afghanistan et même de Birmanie. Fragilité psychologique « On a gardé contact avec eux, raconte Nadège, professeure de cirque et bénévole de la première heure. Ils ont pratiquement tous obtenu le statut de réfugié et suivent des formations pour travailler dans plusieurs villes de la région. » Cette année, elle donne des cours de français, anime un atelier de cirque et des entraînements sportifs. « Dès que je peux, j’essaie de les sortir du centre pour favoriser leur intégration. » À l’en croire, c’est la violence exprimée contre l’arrivée des premiers migrants qui a dopé la mobilisation des habitants : « On a voulu montrer que Saint-Brevin, ce n’était pas ça. » Même analyse chez Marie-Thérèse Briand, directrice de l’association ABCD’Retz, engagée dans la lutte contre l’illettrisme : « Le mouvement anti-migrants a boosté les bénévoles, qui sont désormais investis dans la durée. » Ce matin-là, elle donne un cours de français dans une atmosphère particulièrement studieuse. « Nos professeurs sont extraordinaires, salue Assan, Soudanais de 25 ans qui ne parlait pas français il y a trois mois. Mais je suis inquiet car je ne veux pas retourner en Italie. » L’avenir incertain des « dublinés » pèse ainsi sur le moral des troupes. « L’ambiance est moins chaleureuse qu’il y a deux ans, confirme Yannick Josselin, président du CBAS. On a face à nous des migrants dans une grande fragilité psychologique du fait de leur statut. » Marie-Thérèse essaie, elle, de prendre de la distance par rapport à leur situation : « On fait tout pour qu’ils passent de bons moments… Tant qu’ils sont là. »

Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle va signer jeudi 23 mai un arrêté « anti-mise à la rue », qui vise à exiger que les personnes expulsées de leur logement ne puissent l’être sans solution de relogement préalable. Vers une ville sans expulsion ? À Grenoble, le maire va signer un arrêté qui empêche qu’une personne expulsée se retrouve à la rue. Selon cet arrêté, « lors de toute expulsion de domicile sur le territoire de la commune, il devra être fourni au maire ou à son représentant qualifié la justification qu’une solution effective, décente et adaptée de logement ou le cas échéant d’hébergement, ait été proposée à la ou aux personnes intéressées ». Si d’un côté le droit à la propriété doit être respecté, explique la mairie dans un communiqué, « il est indispensable que de l’autre côté le droit au logement et à l’hébergement le soit tout autant ». Eric Piolle, qui avait annoncé sa décision lors du conseil municipal du 13 mai, précise dans le communiqué que « ce ne sera évidemment pas aux propriétaires » de trouver une solution de relogement, « mais à l’État ».L’élu ajoute avoir « emprunté les pas du maire de la ville d’Aubière, dans le Puy-de-Dôme, qui en mai 2018 avait pris un arrêté « anti-mise à la rue » qui n’a pas été annulé ». La préfecture de l’Isère pourrait faire attaquer l’arrêté En réalité, le préfet du Puy-de-Dôme de l’époque n’avait semble-t-il pas jugé utile d’attaquer cet arrêté, car trois mois plus tôt le tribunal administratif de Montreuil avait annulé sept autres arrêtés « anti-mise à la rue », signés par les maires d’Aubervilliers, Bondy, Bagnolet, La Courneuve, Saint-Denis, Stains et Villetaneuse en Seine-Saint-Denis. Ces derniers, conseillés par l’avocat militant centenaire Roland Weyl, tentaient chaque année depuis 2010 d’interdire purement et simplement les expulsions locatives dans leurs communes respectives, mais leurs arrêtés étaient à chaque fois annulés, à la demande du préfet. Ils pensaient avoir trouvé une solution juridique, en mars 2017, à la fin de la trêve hivernale, en n’interdisant plus l’expulsion, mais en exigeant qu’elle s’assortisse d’une solution de relogement. Mais début 2018 le tribunal administratif de Montreuil avait annulé également ce nouveau type d’arrêté, jugeant qu’« une décision subordonnant toute expulsion locative sur le territoire de la commune à la justification d’un relogement ne peut s’interpréter que comme ayant pour objet de faire obstacle à l’exécution de décisions de justice ». En attendant de trouver une formulation qui sera approuvée, ces arrêtés sont « un acte politique pour attirer l’attention sur ces expulsions », explique-t-on dans l’une de ces sept mairies.

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